L’Épiphanie

« Aujourd’hui – nous dit la préface de l’épiphanie – tu as dévoilé dans le Christ, le mystère de notre salut pour que tous les peuples en soient illuminés. »

L’Épiphanie est la manifestation à tous de ce qui s’est dit à travers l’histoire d’Israël. Ainsi, de la manifestation divine, on peut dire discrète, limitée à un petit nombre de bergers à noël, malgré le chant céleste de louange des anges, c’est à l’épiphanie que nous relevons bien l’universalité de la Bonne Nouvelle de la naissance de

– Jésus, Dieu nous sauve

– Emmanuel, Dieu avec nous

– Christ, L’oint de Dieu

A la presque naïve question des mages : « Où est le Roi des juifs qui vient de naitre ? », nous distinguons deux attitudes ou deux démarches en rapport avec Dieu :

– D’une part, les mages, astrologues ou païens ont vu se lever un astre inhabituel au milieu de leur constellation habituelle. Loin de rester indifférents, émus, mobilisés, ils se mettent en marche, en quête, en voyage, tels de vrais pèlerins. Ils ne scruteront pas seulement le ciel, ils tendront l’oreille à l’écoute de la parole de Dieu.

– D’autre part, Israël, peuple élu de Dieu, habitué à la parole de Dieu est devenu sourd à la parole de révélation : « Il vous est né un sauveur ». Cette bonne nouvelle que les anges annoncent aux bergers ne rencontrera pas entièrement un écho favorable chez tous les juifs. « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu », nous dit le prologue de saint jean.

« Où est le Roi qui vient de naître ? » Cette même question des mages s’adresse-t-elle à nous aujourd’hui, en tant qu’église, en tant que Québécois ?

Cette question nous embarrasse-t-elle ?

Voici, à l’école des mages, trois réponses édifiantes pour rencontrer le nouveau-né :

1- Écouter la Parole de Dieu. Scruter la Parole de Dieu bien plus lumineuse qu’un astre.

2- Se prosterner pour adorer, s’humilier devant Dieu qui saura faire monter ou naître de notre « humus », le meilleur de son amour. La prière c’est un levier extraordinaire entre nos mains ou à nos genoux.

3- Offrir l’Or, l’Encens, la Myrrhe… Le bonheur de donner ! Se dépouiller pour donner. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique. »

Abbé Patrice Savadogo